Kunwar Narain Confluences
Traduit du hindi par Nicola Pozza
ÉDITION BILINGUE
Kunwar Narain est l’un des poètes indiens les plus importants de l’époque moderne et l’une des voix les plus fines de la littérature hindi. Son œuvre plurielle se nourrit de ses lectures éclectiques qui couvrent, entre autres, les Upanishads et les récits épiques sanscrits, les pensées bouddhique et soufie, les philosophies existentialiste, marxiste et gandhienne. L’œuvre de Kunwar Narain se caractérise par une très large palette thématique et explore tant les sujets apparemment anodins du quotidien que les questions métaphysiques et existentielles. La finesse et la force de sa poésie en font une œuvre à portée universelle, qui peut résonner en chacun et chacune d’entre nous, au-delà des frontières culturelles du sous-continent indien.
Kunwar Narain a aussi traduit une trentaine de poètes, dont Jorge Luis Borges, Constantin Cavafy, Philippe Jaccottet, Stéphane Mallarmé ou Tadeusz Różewicz, dans un volume intitulé « Sans limites, sans distances ». Son œuvre, traduite dans plus de 35 langues, notamment en anglais par son fils Apurva Narain, a été récompensée de nombreux prix littéraires, dont le Prix de la Sahitya Akademi en 1995 et le prestigieux Jnanpith Award en 2005, un prix décerné pour sa contribution exceptionnelle à la littérature indienne. Patiemment et sans coup d’éclat, Kunwar Narain aura su profondément marquer la poésie indienne de son empreinte. De nombreuses traductions rendent peu à peu son œuvre accessible à un plus large public européen.
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Maintenant lâche mes mains
dans l’eau profonde
Elles ne couleront pas
l’océan les remplira.
- Domaine Hindi
- ISBN 979-10-96596-46-1
- Dimensions du livre 15.2 x 19,8 cm
- Nombre de pages 200 pages
- Prix 18,00 €
Littératures de l'Inde



Sur le net
Un grand merci à Bruno Sourdin pour sa belle recension de « Confluences » de Kunwar Narain.
A paraître dans la revue « Diérèse », numéro 96 (printemps/été 2026).
La voix vibrante de Kunwar Narain
Kunwar Narain est un poète majeur de l’Inde moderne, une des voix les plus vibrantes de langue hindi. La poésie était pour lui une nécessité absolue.
« La poésie peut offrir beaucoup
parce qu’elle est capable de beaucoup
dans notre existence
si nous lui faisons une place
comme le font les arbres pour les fleurs
comme le fait la nuit pour les étoiles »
Narain est né dans l’État d’Uttar Pradesh en 1927. Son œuvre est particulièrement abondante et englobe des domaines variés, poésie, poèmes épiques, nouvelles, essais de critique littéraire… Il a traduit des écrivains considérables : Stéphane Mallarmé, Constantin Cavafy, Jorge Luis Borges ou Derek Walcott, le grand poète des Caraïbes…
Dans son œuvre poétique, qui vient d’être traduite en français directement du hindi par un universitaire de Lausanne, Nicola Pozza, il aborde les sujets les plus douloureux, la mort, la guerre, mais aussi de vivifiants souvenirs de voyages. Sa sensibilité à la nature est constante. C’est ainsi, apprend-on, qu’il aime discuter avec son arbre :
« J’ai pour voisin intime un vieil arbre
— aucune idée de son nom, de son origine —
ses branches sont si proches
toujours là toujours présentes
dans la véranda de ma maison
il me suffit quand je le veux
de tendre la main pour caresser son front
et lui tendrement me fixe de son regard
doux comme celui d’une vache. »
Il rêve d’arriver un jour au pays des papillons, de partager la mélancolie d’un éléphant qui se sent vraiment seul, il rêve de retrouver la vie pure et simple de son enfance :
« Comme des bulles de savon
quelques petites fleurs blanches voletant dans le vent
venaient s’accrocher aux cheveux de Maman
quand elle revenait de la cour
une fois les plants de tulsi arrosés. »
Désormais le poète se rend compte qu’il lui reste si peu de temps et nous écoutons sa voix emplie d’affection conter l’histoire de sa vie, une aventure qui s’achève — « il reste si peu de temps et pourtant » — mais à laquelle il voudrait ajouter un nouvel épisode :
« J’aimerais m’imprégner de ton parfum musqué,
j’aimerais vivre un amour total
une ivresse telle
qu’elle soit plus excitante encore
que le tout premier amour… »
Ce grand poète de Delhi — qui est mort en 2017 — nous offre une œuvre poétique essentiellement méditative et introspective, dans une langue simple et vibrante.
« Maintenant lâche mes mains
dans l’eau profonde
Elles ne couleront pas
l’océan les remplira. »
Une poésie imprégnée de beauté et résolument incarnée.