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Subimal Misra L’Éveil des sans-rien

Traduit de l’anglais (Inde) par Éric Auzoux

NOUVEAUTÉ

ÂME SENSIBLES, REPOSEZ CE LIVRE ! CAR DANS CES 15 HISTOIRES QUI ONT FAIT L’EFFET D’UNE BOMBE SUR LA SCÈNE LITTÉRAIRE INDIENNE, SUBIMAL MISRA NOUS PLONGE SANS MÉNAGEMENT DANS LES ABÎMES DE CALCUTTA, OÙ LA VIOLENCE, LA DÉVIANCE ET LA FOLIE NE LAISSERONT AUCUN DES PERSONNAGES INDEMNES.

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Résolument politique, l’œuvre de Misra frappe fort et hante longtemps ses lecteurs.

Sans filtre, l’auteur n’a en effet de cesse de dépeindre la réalité humaine et sociale du Bengale en dénonçant totu à la fois l’avidité aveugle de ses classes les plus pauvres et la décadence complaisante de sa bourgeoisie. « Je veux agresser de telle manière que nous, la classe moyenne, constatant notre situation, commencions à détruire le tas de détritus qu’est notre système social ».

Mais Misra se démarque aussi par l’intensité et le caractère novateur de son écriture, tour à tour clinique, fantastique, poétique et  merveilleusement cinématographique. Misra assume d’ailleurs ses influences, où se croisent Dostoïevski, Kafka ou Jean-Luc Godard, auquel le livre est dédié.

Admiré d’une confrérie de lecteurs, l’inclassable Misra jouit déjà de statut d’écrivain culte et de père de la nouvelle expérimentale indienne. Il vit toujours à Calcutta.

  • Domaine Bengali
  • ISBN 979-10-96596-32-4
  • Dimensions du livre 12,5 x 19 cm
  • Nombre de pages 145 pages
  • Prix 14.60 
  • Date de parution 21/04/22
Auteur

Subimal Misra

Né en 1943, Subimal Misra est un romancier et essayiste particulièrement adulé pour son audace, ses talents de franc-tireur et un style aussi original qu’inimitable, qui lui confèrent depuis de nombreuses années le statut d’écrivain (...)
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Sur le net

[Paroles de blogueuse]
Véronique Atasi, Inde en livres

Avec « L’Éveil des Sans-Rien et autres histoires », les Éditions Banyan nous offre à découvrir une nouvelle pépite de la littérature bengalie contemporaine et nous prouve, une fois de plus, que les ouvrages écrits en langues vernaculaires des États Indiens ont un soupçon de magie manquant à ceux écrits initialement en langue anglaise.

L’Éveil des Sans-Rien et autres histoires » est un recueil de seize nouvelles aussi énigmatiques que leur auteur, le très discret Subimal Misra, un non-conformiste ou plutôt un anti-etablishment, un expérimentateur et un audacieux de la littérature bengalie contemporaine, magicien des mots et grand conteur.

Écrites il y a plus de cinquante ans – de 1968 à 1973 – ces nouvelles, qui nous plonge dans les entrailles de Calcutta et du Bengale, restent néanmoins intemporelles car nous pouvons très bien imaginés ces scènes aujourd’hui même si des gadgets et autres objets modernes sont depuis apparus.

Par la force des détails apportés par Subimal Misra, tel un cinéaste d’histoires courtes en noir et blanc aimant jouer de sa caméra notamment en insistant sur des arrêts sur image et n’hésitant pas à apporter subitement de la couleur, notamment du rouge sang, ces histoires nous transportent dans un monde qui se déroule sous nos yeux et que nous ne voyons pas. C’est un monde étrange dans lequel Subimal Misra nous emmène, un monde sans filtre, brut, où l’humain peut apparaître dans sa laideur la plus absolue et rempli de déshumanité. L’auteur bengali nous fait approcher au plus près de nos angoisses, de nos peurs, presque de nos cauchemars. Ce sont des histoires qui peuvent paraître déroutantes et qui peuvent rendre mal à l’aise son lecteur et pourtant, elles sont si addictives. Âme sensible, soyez prévenus, car après lecture de ces histoires – même si d’après Subimal Misra elles sont « reader-friendly » – elles resteront sans doute dans votre mémoire et pour longtemps.

« L’Éveil des Sans-Rien et autres histoires » de Subimal Misra est une lecture expérimentale qui vous fera sortir de votre zone de confort tant qu’elle est inclassable. C’est une toile de maître, une toile contemporaine, d’un artiste qui a décidé de nager à contre-courant en écrivant des « anti-histoires, anti-romans, pièces de théâtres, essais et textes divers », un non-conformiste au talent indéniable, à découvrir de toute urgence.

Subimal Misra est le père de ces nouvelles mais elles ne pourraient pas être lues aujourd’hui en-dehors du Bengale sans le travail remarquable de V. Ramaswamyra qui a traduit ces histoires en anglais et Éric Auzoux pour la traduction française.

 

« Dans les poitrines de certains, le sang vira au rouge ; dans d’autres, au noir ; et dans d’autres, au blanc. Lorsque les toutes dernières gouttes de sang du mendiant devinrent blanches, celui-ci se prostra et pria la terre qu’elle lui donne la mort. Chacun sait que l’on meurt comme les chiens et les chacals dans les rues. Cela n’empêchait pas le fou solitaire de hurler dans la désolation sur le pont de Khidirpur : « Vous entendez, le mendiant est en train de mourir, de mourir pour de bon ! ». [Page 47]